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Mon ordi, c’est pas du bidon !

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Informaticiens riment avec éco-citoyens. Avec l’environnement pour cause commune et la vulgarisation scientifique pour visée didactique, des étudiants de l’université de Blida 1 combinent leurs talents pour faire passer le message du recyclage. Le département d’informatique se converti en jerrycan’school… n’est ce pas cool ?

C’est en ces jours de vacances d’hiver que le club scientifique «Computer Science Community Club (CSCC)», du département d’informatique de l’université de Blida 1 (ex-Saâd Dahlab), a choisi d’organiser l’événement «Jerryscool». Ce dernier consiste à recycler les ordinateurs défectueux et les monter dans des jerricans dans des ateliers d’équipes d’étudiants. L’activité a commencé dimanche dernier et se déroule sur cinq jours. «Il y a trois ans, une équipe de trois amateurs français de l’informatique a inventé le concept Jerryscool», informe Abderrahmane, le coach principal de cette activité recyclée made in dz. «L’idée a atterri en Algérie l’année dernière à l’école supérieure de l’informatique. Cette année, le but de cette mobilisation est, entre autres, d’allumer sa première bougie, ici à Blida», s’enthousiasme notre interlocuteur. Des étudiants en informatique de l’université de Blida mais aussi d’autres universités, à l’image des responsables des clubs scientifiques du département d’informatique de Guelma, de Constantine et d’Alger ont tenu à marquer leur présence. En fait, ils sont soixante-dix participants décidés à faire renaître des ordinateurs en état de dégradation de leurs cendres.

Le serveur jerrican
L’idée importée de France a fait des émules en Algérie. La communauté des adeptes commence à s’agrandir est s’est donné déjà un nom : «ALLJERRY», donnant une consonance «Algérie», sans perdre l’identité initiale. Dans les faits, il s’agit de redonner une nouvelle vie à des ordinateurs agonisants récupérés au niveau de l’administration de l’université. Cette réanimation se fera dans un emballage pour le moins insolite : des jerricans adaptés au choix des participants et de leur utilisation future. Dimanche, le lancement de l’activité a été donné par Abderrahmane, étudiant à l’école supérieure d’informatique à Alger et principal coach des étudiants. Avec ce travail de recyclage, les ordinateurs récupérés gagnent même des galons en se muant de simples PC à serveurs. Les valeurs ajoutées de l’atelier sont «le bon apprentissage des futurs informaticiens et rendre ces PC plus utiles», déclare Imene, la présidente du club.
 
Du hard au soft
«Les participants démontent tous les ordinateurs défectueux et mettent toutes les pièces sur une seule table», explique Imene. L’étape suivante, dite le «hard ware», peut commencer. Elle est la plus importante pour les étudiants, car leur formation classique est axée essentiellement sur le côté «soft ware», explique la présidente du CSCC. La différence entre le hard et le soft est que le premier concerne le côté matériel (physique), comme la maintenance, et le deuxième touche à la programmation, les logiciels, les systèmes d’exploitation et d’autres fonctionnalités liées. Les étudiants ont choisi la fonction du futur serveur dénommé Jerry. Suivant une fiche descriptive élaborée après leurs propositions, la distribution des pièces adéquates commence. Les équipes s’organisent en sept groupes, dont celui qui montera le serveur dédié au stockage des fichiers pour le département aéronautique de l’université de Blida et un autre dédié à la sécurité informatique.
 
Eco beau
Après le montage des pièces, le jerrican intelligent doit désormais s’habiller en costume, selon sa fonction. De ce fait, le décor externe doit exprimer le nouveau «statut» de serveur. Par exemple, les étudiants qui travaillent sur le serveur destiné au département de l’aéronautique espèrent terminer avec un jerrican qui sera prêt à décoller en lui plaçant des ailes et en lui installant les ventilos de l’ordinateur. Pour l’autre serveur destiné à la détection des failles de sécurité informatique, l’équipe a décidé de le présenter en «coffre-fort». Le choix du jerrican n’est pas fortuit, «c’est un matériel qu’on peut customiser à notre manière», argue la responsable du club. Ce choix est également lié aux aspects écologiques et économiques, «c’est moins coûteux et puis c’est écolo», ajoute-t-elle. Après la fin des travaux, l’heure est au briefing journalier de cette première journée. Imene invite ses camarades du club à une réunion, durant laquelle elle rappelle la politique financière du club. «Il faut que l’on cotise pour pouvoir terminer cet événement, c’est aussi une façon de tester les nouveaux membres», lance-t-elle.
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